Ntchenguè : un incendie dans le cimetière et des habitants dans le noir

Le mardi 2 septembre, aux environs de 16 heures, un violent incendie s’est déclaré au cimetière municipal de Ntchenguè
bouleversant la fin de journée des riverains. Les flammes, visibles a des centaines de mètres, ont ravagé plusieurs tombes mais surtout des souvenirs des defunts.

D’après les premiers témoignages, le sinistre aurait été provoqué par un court-circuit lié aux câbles électriques longeant le cimetière. Poussées par le vent, les flammes se sont rapidement propagées jusqu’aux habitations voisines, occasionnant d’importants dégâts matériels et plongeant plusieurs familles dans le noir en raison de coupures d’électricité.

« J’ai perdu 150 mètres de câble, nous avons passé la nuit sans électricité. C’est pourquoi nous nous sommes réunis ce matin pour trouver une solution. Ici, il n’y a presque pas de poteaux électriques, nous sommes obligés d’improviser, notamment à l’entrée du cimetière. Si nous avions des poteaux, ces kilomètres de câbles n’existeraient pas », déplore un quinquagénaire, visiblement accablé.

Au-delà des dommages matériels, l’incendie a également atteint le lieu de repos des morts. Plusieurs tombes ont été encerclées par les flammes, un spectacle douloureux pour les familles, qui vivent une double peine : celle des pertes matérielles et celle du manque de respect infligé à la mémoire de leurs proches.

Des habitants dénoncent également la lenteur des secours. « Les pompiers sont arrivés trop tard, alors que le feu avait déjà tout dévasté, de 16h jusqu’à 22h », témoigne un riverain encore sous le choc. Certains rappellent que l’état vétuste des installations électriques était un problème connu depuis longtemps, sans qu’aucune mesure préventive n’ait été prise.

La Société d’Eau et d’Énergie du Gabon (SEEG) est finalement intervenue pour rétablir l’électricité et sécuriser les installations. Mais ce drame pose désormais une question de fond : qui doit assumer la responsabilité de ces infrastructures défectueuses et des risques qu’elles continuent de représenter pour les populations ?

Ludwine Djiembi